Handball

Frustrée par deux saisons perturbées par le covid, Anaëlle Bihan « a décidé d’arrêter le hand »

Handballeuse depuis plus de 15 ans, Anaëlle Bihan a vécu deux dernières années sportives très difficiles en raison de l’épidémie de coronavirus. Ailière droite au sein du Hermine Kernic Handball, la Brestoise s’est confiée pour Ti Sport. Interview.

Comment as-tu vécu cette année compliquée ?

Je n’ai pas fait de handball depuis le mois d’octobre. Cette année, nous avons eu l’occasion de disputer deux matchs et depuis, plus rien. C’est assez compliqué sachant que l’année d’avant, la saison n’avait pas pu se terminer. Je trouve cela frustrant de ne pas pouvoir pratiquer son sport pendant si longtemps, surtout que nous avions des ambitions avec une équipe motivée pour tenter de remonter en nationale 3.

Ton club a‑t-il proposé des ateliers sportifs pendant tout ce temps sans compétition ? 

Oui, il en a proposé pour les jeunes. Il y avait des activités en extérieur et en intérieur lorsque les consignes gouvernementales le permettaient. Mais pour nous les séniors, il n’y a rien eu de mis en place : pas d’entrainement ni d’activités pour garder la condition physique en extérieur. Je trouve ça dommage que nous n’ayons pas pu nous retrouver entre séniors et qu’il n’y ait pas eu davantage d’informations de la part du club. Depuis les levées des restrictions du mois de mai, plusieurs de mes coéquipières ont repris la course à pied en extérieur, mais cela est venu d’une initiative d’une des joueuses de l’équipe.

De ton côté, qu’est-ce que tu as fait pour garder la forme ?

Au départ, je faisais des exercices de renforcement musculaire chez moi. Je fais aussi un petit peu de vélo de temps en temps, mais c’est vrai que c’est compliqué de garder la motivation pour conserver une forme physique en pratiquant du sport uniquement à domicile.

Es-tu inquiète pour le physique des joueuses à la reprise ?

Oui, je pense que les clubs auront intérêt à faire reprendre la préparation physique assez tôt. Voire d’organiser des rencontres ou entrainements pendant l’été. À mon avis, il y aura des blessures rapidement en début de saison si cela n’est pas fait. Il va falloir apporter beaucoup de rigueur pour combler le manque de pratique durant tout ce temps, et surtout y aller progressivement.

« Pour aider les clubs, la Ligue aurait dû faire un geste »

La Ligue de Bretagne ne remboursera pas les clubs pour les licences, est-ce que tu trouves ça injuste ?

Je trouve ça surtout dommage. Cela fait deux saisons qu’on paye une licence alors qu’on ne joue quasiment pas un seul match. L’année dernière, cela a été moins gênant, car la saison a été arrêtée en mars, mais cette année, le handball amateur s’est arrêté dès le mois d’octobre. Je pense que la Ligue de Bretagne aurait déjà pu proposer des tarifs moins chers pour cette saison, en sachant qu’il y avait un fort risque de nouvel arrêt brutal. Visiblement, ils ne vont pas rembourser les clubs et à mon avis, ça va avoir des conséquences : ils vont perdre des licenciés. 

Pour faire face à cet impact, ce sont donc aux clubs de s’adapter, mais le remboursement des licenciés par les clubs est compliqué puisqu’ils ont des budgets restreints. Pour ce qui est de l’Hermine Kernic, je trouve bien qu’ils proposent des réductions sur les prochaines inscriptions. Cela prouve que le club fait des efforts. Mais malheureusement, cela n’apportera rien aux licenciés qui ne vont pas reprendre. Pour aider les clubs, la Ligue aurait dû faire un geste.

Cette année a‑t-elle changé ton regard sur la pratique du handball ?

Oui, car en ayant effectué deux saisons incomplètes, cela m’a éloigné des terrains à la fois physiquement et mentalement. Aujourd’hui je passe un cap dans ma vie professionnelle donc j’ai pris la décision d’arrêter le hand. Je souhaite attendre de voir comment les choses vont évoluer et notamment de voir si la saison se déroule correctement. Je préfère prendre un peu de recul, quitte à créer un manque pour que ma motivation revienne.

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